Vers la fin de mon voyage je me suis lancé un défi un peu fou: partir de la jungle équatorienne pour arriver sur la côte brésilienne en bateau plus de 3000 kilomètres sur les rivières.  En cherchant sur internet je n’ai pas trouvé beaucoup d’information je me suis donc dis qu’il fallait aller sur place et tenter sa chance. Je vous met ici le lien de la carte pour avoir une idée.

Départ depuis Puerto Fransisco de Orellano (plus communément appelé Coca) tôt le matin pour un premier voyage de 8-9h à bord d’un grand « canoë ». Je sympathise avec le capitaine et passe le voyage dans la cabine. Arrivée à nueva Rocafuerte, dernière ville équatorienne avant la frontière, je passerais à la douane la plus à l’arrache de tout mon voyage. Le douanier était entrain de dormir, c’est son premier jour il ne sait pas trop comment cela marche, il n’y a pas internet donc je pourrais très bien ne pas être en règle, il n’a plus beaucoup d’encre pour le tampon, il prendra finalement une photo du tampon apposé sur mon passeport.

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Le capitaine Carlos

Un petit détail que je n’avais pas prévu Nueva Rocafuerte et un village perdu et éloigné des grandes villes, il n’y a donc pas de banques pour retirer du liquide, je me retrouve donc sans un dollar mais en demandant gentiment au capitaine il accepte que j’accroche mon hamac sur son bateau pour 3 nuits avant de passer du côté péruvien. Ce sont mes premières nuits en hamac et avec les vaguelettes du bord de rio je suis bercée et j’adore la sensation. On pêchera des poissons à moustache en quantité, seulement en laissant la ligne tremper dans le rio.

Je m’arrange avec un équatorien pour avoir mon passage gratuit jusqu’à Pantoja (frontière péruvienne) si je lui trouve 2 touristes qui paient. Seulement lorsque je vois 2 mochileros, ils sont accompagné d’un petit marchand au grand chapeau qui me dit que la seule lancha (bateau qui transporte des marchandises sur lesquels on voyage lentement et dort en hamac) pour les 15 prochains jours part le lendemain matin très tôt. Me voilà qui court récupérer mon sac pour les rejoindre sur le port et prendre une embarcation des plus sommaire pour 1h30 de trajet. Avec mes compagnons de galère on a cru ne jamais arriver car dès nous sommes partis de nuit avec une lampe torche que la copilote à l’avant utiliser toute les 5 minutes pour éclairer le rio. On a donc heurter plusieurs bancs de sable et rondins et on vidait régulièrement l’eau qui montait.

Je me suis juré de me rappeler de ce magnifique ciel étoilé sur un bateau de fortune (photo ci dessous) dans l’Amazonie lorsque je reviendrais en France pour faire un travail chiant et moins aventureux. La douane péruvienne nous ouvrira exceptionnellement en dehors des horaires habituels car notre bateau part le lendemain. Nous passerons la nuit à boire des coups avec l’équipage et voir les vas et viens des marins (2ème photo) avec les différentes marchandises.

 

Il faudra tout de même que montre patte blanche pour expliquer au capitaine que je n’ai pas l’argent pour le ticket et que je lui paierai à l’arrivée à Iquitos (dans 4 jours) « oui oui j’ai de l’argent sur mon compte avec cette carte bancaire » + les 10 dollars du passage de frontière que je n’ai pas réglé non plus et que je devrais donner au marchand à chapeau. Tout un mic mac mais avec un sourire et de la persuasion ça marche!

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Après 3 jours le capitaine me faisait confiance pour payer mon ticket

Nous voilà embarqué pour les 4 jours les plus marquants de toute mon aventure amazonienne. La « lancha » est très sommaire et plus nous avançons plus le nombre de hamac augmente, la plupart des passagers; à part les 2 autrichiens et un vieil allemand fou renommé « el chaman » par mes camarades; sont des indigènes pas des plus causants. Nous partagerons donc notre trajet avec des vaches, des cochons, des poules et beaucoup, beaucoup de bananes récupérés dans chaque communauté qui est averti à l’aller du jour où elles doivent être prêtes a charger.

Petit détails auquel je n’étais pas préparé: tu dois avoir ton assiette et tes couverts si tu veux manger et prendre de l’eau pour les 4 jours. Le cuisinier n’étant pas des plus aimable il me refusa le prêt de ces ustensiles à chaque fois. Mon compagnon de galère autrichien me fabriquera donc un « bol » et une cuillère à partir d’un bidon de plastique vide.

Un des moment les plus drôle fut lorsqu’un cochon tenta de s’échapper en sautant à l’eau, obligé de faire demi-tour à la tombé de la nuit avec un bateau très lent et de courir après l’animal, qu’ils ont finalement rattrapé.

Je vous raconterais bientôt la suite dans un autre article 🙂

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